17 & 18 Septembre de 9H à 18H – Parcours Exposition

Un parcours dans le Palais Royal, une proposition de Cécile Debray

Le parcours conçu autour de la notion de dépaysement et à partir d’une sélection d’œuvres de pensionnaires de la promotion 2015/2016 des trois résidences artistiques– Villa Médicis, Villa Kujoyama et Casa de Velázquez – se déploie au Palais Royal ouvert exceptionnellement à l’occasion des Journées du Patrimoine.
Il débute dans la Cour d’honneur, puis au ministère de la Culture et de la Communication, ensuite au Conseil d’Etat et se conclut au Conseil Constitutionnel.

La thématique du dépaysement a permis de sélectionner plus d’une vingtaine d’œuvres qui ont trait à cette question par le biais de la déambulation, du paysage – poétique, archaïque, inspiré, urbain, ghettoïsé (Maria-do-Mar Pedro Rêgo, Miguel Moraes, Anna-Katharina Scheidegger, Klavdij Sluban, Roque Rivas, Lek&Sowat, Julien Goldstein), d’une réflexion large sur le matériau, sur l’habitus et le vernaculaire (Olivier Sévère, Anne Xiradakis, Emilie Pedron, Linda Sanchez, Benjamin Lafore-Sébastien Martinez-Barat, Thierry Gilotte, Johan Brunel), du dépaysement – déplacement, déréalisation grotesque ou fantastique (Thomas Pons et Julie Stephen Chheng, Anne-Margot Ramstein, Romuald Dumas-Jandolo, Adina Mocanu et Alexandra Sand, Samuel Yal), du portrait, de l’altérité (Vir Andres Hera, Vicky Méndiz) .
Les œuvres, insérées dans les espaces historiques du Palais Royal au sein du circuit des Journées du Patrimoine, sont regroupées par ensembles et accompagnées, chacune, d’un cartel explicatif, présentant l’artiste, son lieu de résidence et l’œuvre.

Johan Brunel 2016, Design et Métiers d’art, Villa Médicis

Thermes nomades, 2016 / Dispositif itinérant / Domaine du Palais Royal, Péristyle de Montpensier

Diplômé de l’Atelier métal de l’École nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art et de l’École Nationale Supérieure de Création Industrielle, Johan Brunel est successivement designer en agence en Israël, scénographe intégré au Centre Pompidou, enseignant à l’École Supérieure d’Art et de Design de Reims. Designer et constructeur, il réalise des pièces uniques, des objets domestiques, et des aménagements pour des particuliers et des galeries.

Dans le cadre de sa résidence à la Villa Médicis, à Rome, Johan Brunel s’intéresse à la pratique de l’otium – une forme d’oisiveté constructive pratiquée dans la Rome antique – et, dans la continuité du travail commencé avec la Capsule ventilée, refuge de relaxation bioclimatique pour les pays chauds (prix Emile Hermès, 2014), propose de mettre en œuvre les conditions de l’otium à travers des dispositifs légers et amovibles, tels que ces « thermes nomades ». Refuge qui se conçoit davantage comme un havre optimiste et convivial que comme une solution de repli sur soi, ce sauna nomade en toile de lin, ou de coton, est complété par un banc et une fontaine ramassant les trois éléments des thermes antiques : caldarium, tepidarium, frigidarium. Son projet romain, intitulé « La Rencontre », référence à celle du Nord et du Sud, entre cultures du sauna et des thermes antiques, envisage un rapport contemporain à l’eau, en considérant la dolce vita romaine et l’opulence de ses fontaines dans le contexte mondial de la raréfaction de cette ressource.

Le dispositif itinérant, installé dans le « bosco » de la Villa Médicis au printemps 2016, a été produit en collaboration avec Monteneri, une marque italienne de la région du lac de Bolsena.

Anna Katharina Scheidegger 2016, photographie, Casa de Velázquez

Cañada Real, 2016 / Installation photographique / Domaine du Palais Royal, Galerie des Proues

Anna Katharina Scheidegger, artiste formée à l’ENSAD Paris et au Fresnoy, studio national des arts contemporains à Tourcoing, s’intéresse dans son travail photographique et vidéo aux phénomènes urbains, aux signes architecturaux et au lien entre architecture, pouvoir et société, passé et futur. Ses photographies, films et vidéos ont été exposés en Europe (Paris, Grand Palais, Musée du Jeu de Paume, Media Festival Osnabrück, Interfilm Berlin, Kunsthalle de Berne, Les Rencontres d’Arles) et dans le monde. Lors de sa résidence à la Casa de Velázquez, elle appréhende la ville de Madrid à travers une série de photographies aux cadrages à la fois solides et subtilement subjectifs. Explorant les aspects les plus significatifs et les moins attendus du présent de cette capitale, elle réalise une série de prises de vues d’un des quartiers les plus pauvres et les plus dangereux de l’agglomération, Cañada Real, reconstituant par une juxtaposition serrée d’images, à la manière d’une Google view, une déambulation le long d’une rue de quinze kilomètres de long.

Adina Mocanu et Alexandra Sand 2016, Arts plastiques, Villa Médicis

Présence et utopie, 2016 / vidéo / Ministère de la Culture et de la Communication, hall d’entrée

Adina Mocanu et Alexandra Sand, formées aux arts graphiques à l’université de Bucarest, explorent l’art performatif dans le cadre du duo d’artistes qu’elles ont formé en 2013 à travers des expositions au MNAC – Musée National d’Art contemporain de Bucarest, des résidences artistiques en Italie et Bulgarie ainsi que des collaborations avec des lieux alternatifs dédiés aux jeunes artistes de Bucarest.

Intitulé Présence et Utopie, leur projet pour la Villa Médicis vise à réunir leur intérêt pour la conscience du corps et la « conscience de soi » d’une part, et pour les nouvelles sociétés et la réaction immédiate de l’homme à un certain contexte d’autre part. Investissant les jardins de la Villa par une série de performances enregistrées par le biais de la vidéo, elles tissent des liens entre leur propre expérience et celle laissée par les artistes en résidence qui les ont précédées.

Linda Sànchez 2016, Arts plastiques, Casa de Velázquez

Colonie, 2016 / Installation, objets, dimensions et colorimétries variables / Ministère de la Culture et de la Communication, hall d’entrée

Linda Sanchez, artiste formée à Annecy, joue avec des phénomènes physiques – propriétés de matériaux, combinaisons, changements d’état – qu’elle déplace, réactive, ralentit ou accélère, à l’échelle des espaces d’exposition.

Depuis un an, à l’occasion de sa résidence à la Casa de Velázquez, elle s’intéresse à la question de la surface et du plan et des phénomènes inter-faciaux et explore de nouvelles méthodes de travail, jouant aussi sur des codes culturels et éthiques.

Colonie est une installation composée d’éléments divers collectés et glanés au fil de promenades, tous liés par un même caractère ; celui d’être tacheté partiellement ou plus globalement par du lichen jaune orange. Pavés, rochers, fragments de pylônes électrique, troncs d’arbre, bouts de trottoir, tuiles, éléments de décoration de jardin, cornières, plots urbain… se tiennent là ensemble comme un vestige composite, tenus et contaminés par une sorte de pointillisme végétal jaune orange.

Colonie est un assemblage « de situation », un exercice de style à reproduire et à dupliquer en de nombreuses occasions, tentant de défaire, refaire et continuer de questionner les désignations et l’ordre des choses.

Vicky Méndiz 2016, plasticienne, bourse Casa de Velázquez-Diputación Provincial de Zaragoza

Portraits, 2016 / Série photographique / Ministère de la Culture et de la Communication, hall d’entrée

Plasticienne originaire de Saragosse, Vicky Méndiz situe sa création autour du quotidien, et de la relation intime qu’entretient l’être humain avec la nature et la mémoire. Elle met en œuvre ses projets depuis une perspective croisée, où se mêlent anthropologie, art et histoire. À travers la photographie, elle questionne les limites du visible et de l’invisible. Dans le projet photographique qu’elle montre et développe au cours de sa résidence à la Casa de Velázquez, elle se tourne vers la relation qu’entretiennent les individus dans leur rapport au lieu, interrogeant les thèmes du voyage et des expériences premières, selon une procédure précise : « Je donne rendez-vous à des gens qui répondent à des annonces placées près de l’endroit où je travaille. Je reste avec eux entre une heure et trois heures. Nous réalisons tout d’abord une sorte d’entretien que j’enregistre uniquement en audio, puis je réalise ensuite un enregistrement vidéo, pendant lequel je laisse la personne seule pendant quatre minutes, et par la suite, je compose une série de portraits». Pour reprendre les mots de Susi Blas, « les images finales révèlent une grande maîtrise technique et conceptuelle qui porte la marque de tous ses partis-pris esthétiques : une unité paisiblement sculpturale de la pose, les influences manifestes de la tradition ancienne du portrait et une splendide variation sur le thème de la beauté sereine».