Amélie Scotta

Dessin  Casa de Velázquez  2018

Dans sa pratique du dessin, Amélie Scotta mêle techniques manuelles et digitales, confrontant l’aléatoire de la main à la perfection de la machine. Soulignant la lenteur et la répétition comme des éléments essentiels de son processus, elle privilégie le dessin pour son caractère pauvre, car nécessitant peu de moyens et n’ayant pour limite que celle du temps. Ses dernières séries parlent d’architecture et de folie. De la démesure des « éléphants blancs » à l’incontrôlable prolifération des immeubles d’habitation, l’homme semble dépassé par cette machine énergivore qu’il a lui-même édifiée.

La construction madrilène, éclectique et foisonnante, est au cœur du projet d’Amélie Scotta. Travaillant sur des rouleaux, elle tente d’étirer le dessin dans le temps et dans l’espace, questionnant les antagonismes de limite et d’infini, de détail et de monumental. En résidence, l’artiste développe un travail autour des façades madrilènes et de leurs particularités. Elle s’intéresse également au déploiement du paysage urbain. Le hasard et l’accident dans l’édification d’une ville sont des notions qui l’inspirent, au contraire du fantasme de la cité parfaitement organisée et maîtrisée.

 

Centrale, 2017, dessin au graphite sur rouleau de papier Fabriano, dim. 450 x 150 cm