Pensionnaire de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis en 2017-2018, Aurélien Dumont est docteur en composition musicale dans le cadre du programme SACRe de l’École Normale Supérieure de Paris (PSL) et du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, où il a suivi l’enseignement de Gérard Pesson. Il étudie également à l’IRCAM, au sein des cursus 1 et 2 en composition et informatique musicale. Sa musique, qui surgit par mises en tension d’objets pensés en briques de langages (Roland Barthes), interroge la notion d’altérité telle que la définit le philosophe François Jullien, comme une manière possible d’appréhender la complexité de notre monde contemporain. Lauréat de plusieurs concours internationaux et de prix prestigieux (Prix Pierre Cardin de l’Académie des Beaux Arts, Prix San Fedele de Milan, etc.), ses oeuvres sont jouées à travers le monde par des interprètes de renom ; son premier disque monographique « While », paru en septembre 2015, a été salué par la critique (coup de coeur de l’Académie Charles Cros…). Sa seconde monographie « Stillness », parue en 2018, fait partie de la sélection musicale du journal Le Monde. Aurélien Dumont vit et travaille à Paris et à Tokyo.

Oeuvre présentée dans le cadre du festival Viva Villa :
Dans l’intimité de son regard sur les modestes miracles visuels collectés au cour de ses tribulations, la vidéaste Jennifer Douzenel propose à Aurélien Dumont de défaire la clôture entre images et musique.

 

Naïbes (2018)

Vidéos de Jennifer Douzenel / Musique d’Aurélien Dumont

Installation pour vidéos silencieuses et musique électroacoustique en quadriphonie.

Œuvre-miroir de BaïnesNaïbes est une installation qui repose sur la démultiplication de la vidéo Blink, dialoguant avec une réinterprétation électroacoustique réalisée à partir de l’enregistrement de Baïnes.

Filmé en Australie, précisément à l’endroit où sur la carte l’océan Indien et l’océan Australe se rencontrent, Blink semble donner corps, par frottement, à la géographie. Les éclats de lumière dessinent, en déroulé, un temps hypnotique. La musicalité et le rythme trouvent ici un écho particulier dans une matière sonore transformée et contemplative. Se construit ainsi un paysage visuel et sonore, un horizon en partition.

La vidéaste s’approprie et propose au compositeur les montages formels en fuyant tout rapport illustratif : seuls quelques « débordements » musicaux sur l’image, ou visuels sur la musique apparaissant comme autant de marqueurs formels et structurants.

 

Baïnes

Œuvre-miroir de NaïbesBaïnes est une pièce dont l’écriture instrumentale s’inscrit dans une suite labyrinthique où objets musicaux et visuels se répondent et résonnent les uns avec les autres.

Ces vidéos sont des instants de réel réduits au cadre d’un seul plan fixe, dans une traque continue d’éphémères moments suspendus où la réalité est transfigurée. La dimension plastique du langage musical, par mises en tensions d’objets, en recèle des potentialités d’échos saisissants. L’élaboration d’une narrativité proche du design sonore donne au silence une place singulière, véritable point de connexion entre sons et images.

Le compositeur s’approprie et propose à la vidéaste les montages formels en fuyant tout rapport illustratif : seuls quelques « débordements » musicaux sur l’image, ou visuels sur la musique, apparaissant comme autant de marqueurs formels et structurants.

Retrouvez Aurélien Dumont dans l’exposition ainsi que le vendredi 5 octobre lors de la carte blanche à l’Académie de France à Rome- Villa Médicis, avec l’Ensemble 2e2m qui réunira 12 musiciens pour l’interprétation de son oeuvre « Baïnes »