Benjamin Testa est né en 1987 à Lyon. Après avoir suivi une formation à l’École Supérieure d’Art de Grenoble, il intègre l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Jean-Luc Vilmouth.
Son travail se caractérise par une profusion de formes – sculpture, architecture, scénographie, dessin, photographie, application web – avec pour fil conducteur un regard fasciné, autant que critique, porté sur l’espace, sa construction et sa perception, ainsi que, plus généralement, sur le rôle de l’architecture dans l’organisation de nos vies.

” Ta chambre est la plus belle des îles désertes et Paris est un désert que nul n’a jamais traversé. Tu n’as besoin de rien que de ce calme, de ce sommeil, que de ce silence, de cette torpeur. Que les jours commencent et que les jours finissent, que le temps s’écoule, que ta bouche se ferme, que les muscles de ta nuque, de ta mâchoire, de ton menton, se relâchent tout à fait, que seuls les soulèvements de ta cage thoracique, les battements de ton coeur témoignent encore de ta patiente survie.”

 

Rotations 18,75m³ / Tragédie de la trajectoire, 2017, Paris, France

Benjamin Testa s’attache à une relecture de l’architecture fonctionnelle et de ses usages. Il érige des structures liées (au regard/à partir) à des formes habitables existantes et nous invite à reconsidérer les espaces que nous fréquentons au quotidien. Pour le festival ¡ Viva Villa ! les sculptures sont réalisées en résonance avec le lieu, sorte d’excroissances aux trajectoires inattendues qui seront mises en lumière en fin de parcours.

« Un cube, copie exacte d’une portion d’appartement, est projeté au sol ainsi que tous les éléments fondations, plomberie, ameublement- qui le composent. Un morceau d’architecture gît sur le trottoir après avoir subi une rotation, son emplacement d’origine étant signalé par un marquage sur la façade de l’immeuble. Les grands ensembles architecturaux sont des formes régies par l’orthogonalité. Des lignes droites s’entrecroisent, se combinent, figurent un volume emboîté dans un espace plus grand. Les plans verticaux constituent des frontières alors que les surfaces horizontales permettent aux occupants de ces habitations de s’élever, d’acquérir un degré de liberté supplémentaire. Les espaces sont agencés, modulés, mais respectent nécessairement cette contrainte première voulant que les lignes soient parallèles et les angles droits. L’orthogonalité est, en architecture, une entité primitive. »

Dimanche 1er octobre – 20h: Benjamin Testa dialogue avec le vidéaste Simon Rouby 

Les possibilités multiples du regard artistique

Qu’est-ce qui se joue de crucial dans la création lorsqu’elle nous met en relation avec l’espace ?

Benjamin Testa, artiste au travail complexe et protéiforme qui croise dans sa pratique plusieurs disciplines, explore l’espace et ses représentations invitant le public à réinterroger le rapport – physique et mental – au paysage et à l’architecture. Simon Rouby explore à son tour des territoires en devenir revendiquant plusieurs méthodes d’exploration artistique et rapproche sa pratique de cinéaste en 3D de celle des géographes. Son intérêt pour le paysage lui permet de chercher à l’aide des nouvelles technologies des interstices sensibles tant dans son projet de film que dans ses installations.

Peut-on à leur sujet évoquer l’existence d’une tentative de donner vie à une géomorphologie du territoire et de l’esprit ? Comment émergent des zones de libertés dans la grammaire qu’est le monde si au moment où les artistes l’investissent, ils ne le figent pas dans leur regard mais le libèrent dans ses multiples possibilités ?