Mylène Benoit

Arts Plastiques Danse  Villa Kujoyama  2018

Mylène Benoit, artiste plasticienne et chorégraphe, travaille la danse en la faisant résonner comme un objet plastique. Lauréate de la Villa Kujoyama, elle crée La Maladresse et Gikochina-sa en 2018. Elle est artiste associée au Phare CCN du Havre et au CDN de Montpellier. Elle est accueillie en résidence longue à L’échangeur-CDCN Hauts-de-France.

GIKOCHINA-SA, Conception et choregraphie Mylene Benoit, Collaboration artistique et assistanat Magda Kachouche, Musique live Nicolas Devos et Penelope Michel (Puce Moment/Cercueil), Création lumière Annie Leuridan et Juliette Romens, Costumes Frederick Denis, Atelier de Paris/CDCN le 25 avril 2018.
Avec : Celia Gondol et Atsushi Heki
(photo by Patrick Berger)

GIKOCHINA-SA / ぎこちなさ est une pièce qui scintille entre deux mondes. Deux cultures de corps aussi éloignées que fascinantes l’une à l’autre. Le Japon. Le monde occidental. Chorégraphe, Mylène Benoit est tout autant plasticienne, vidéaste. L’image du corps est sa passion. Soit un dépassement du concret massif de la matière. Mais tout autant un refus de se réduire dans un aplat à deux dimensions.

Sa recherche, insolite, s’est d’abord consacrée aux dyskinésies. Il s’agit des mouvements involontaires, heurtés, qu’on observe, par exemple et entre autres, chez des personnes atteintes de Parkinson. Faut-il n’y voir qu’un désolant désordre ? Ou y déceler l’amorce d’une autre qualité, peu soupçonnée, de langage corporel ? Cette exploration magnifiquement travaillée avec la danseuse Célia Gondol, elle aussi plasticienne, s’est développée sur une somptueuse musique de matières électroniques, par Nicolas Devos et Pénélope Michel en live.

Mylène Benoit a également séjourné au Japon, qu’elle découvrit alors, d’un œil intégralement neuf. Tout l’y a bouleversée, dans une écriture des gestes codifiée à l’extrême, vouée à un raffinement de tous les instants. Elle y a rencontré le danseur contemporain Atsushi Heki, également expert dans l’interprétation la plus rigoureuse et scrupuleuse du noble répertoire ancestral du Nichibu. Avec lui, allait s’expérimenter la démarche inverse qui part d’un langage gestuel ordonné à l’extrême, pour s’y autoriser un chahut progressif de prises de liberté.

Du désordre à la rigueur, et réciproquement : GIKOCHINA-SA / ぎこちなさ effectue, jusqu’à l’envoûtement, un chemin qui renouvelle encore les significations contradictoires, et jamais épuisées, du corps en mouvement.