Simon Rouby, né en 1980, a fait ses classes une bombe de peinture à la main avant d’étudier la réalisation de films d’animation d’abord à Paris aux Gobelins, puis à Calarts, Los Angeles. Adama, son premier long-métrage à été nommé aux Césars et aux European Film Awards parmi les meilleurs films d’animation de 2015. En 2016-2017, il est pensionnaire de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis, ou il développe une pratique de l’installation vidéo.

 

Rencontre

Dimanche 1er octobre 20h – dialogue avec Benjamin Testa

Les possibilités multiples du regard artistique

Qu’est-ce qui se joue de crucial dans la création lorsqu’elle nous met en relation avec l’espace ?

Benjamin Testa, artiste au travail complexe et protéiforme qui croise dans sa pratique plusieurs disciplines, explore l’espace et ses représentations invitant le public à réinterroger le rapport – physique et mental – au paysage et à l’architecture. Simon Rouby explore à son tour des territoires en devenir revendiquant plusieurs méthodes d’exploration artistique et rapproche sa pratique de cinéaste en 3D de celle des géographes. Son intérêt pour le paysage lui permet de chercher à l’aide des nouvelles technologies des interstices sensibles tant dans son projet de film que dans ses installations.

Peut-on à leur sujet évoquer l’existence d’une tentative de donner vie à une géomorphologie du territoire et de l’esprit ? Comment émergent des zones de libertés dans la grammaire qu’est le monde si au moment où les artistes l’investissent, ils ne le figent pas dans leur regard mais le libèrent dans ses multiples possibilités ?

 

Performance – Samedi 7 octobre – Nuit Blanche

 Blackout, une performance collaborative de Native Maqari, Keziah Jones et Simon Rouby

Keziah Jones, Native Maqari et Simon Rouby nous proposent une expérience esthétique fonde sur le mélange de musique, performance et projection vidéo, intervenant sur la façade de la Villa Radet, jouant de son emplacement rare et de l’alternance entre les arbres et la nature et le contexte urbain. La performance “Blackout” souligne la ligne vulnérable entre la migration et le travail dans notre société contemporaine. En particulier le « travail manuel bon marché », à la fois comme marqueur de l’origine, de la classe et comme un des principaux moteurs de nos systèmes économiques.

Ces mécanismes de développement inégal façonnent des conditions structurelles, telles que le chômage et l’inégalité, conséquences de la migration massive des personnes dépossédées et marginalisées des économies périphériques vers les économies principales. Le lien de parenté controversé entre migration de masse et offre excessive de main-d’oeuvre ne laissant aucune place satisfaisante au travailleur individuel, “Blackout” oriente l’attention sur ces employés habituellement invisibles du travail de nuit, ceux qui préparent chaque jour nos villes pour le lendemain.

En remplaçant simplement le contenu de ses produits de nettoyage par un marqueur indélébile, l’employé(e) de ménage laisse une trace de sa lutte de survie, effaçant, et révélant au passage les structures mêmes qui tendent à ignorer son existence.