Programmation

Samedi: Inauguration, rencontres et concerts

Programme

11.00 - Inauguration
  •  Performance musicale de Roque Rivas (Villa Médicis) / Conical Intersect, pour basson et dispositif électroacoustique (musicien : Médéric Debacq, réalisation en informatique musicale Ircam : Roque Rivas, régie informatique musicale Ircam : Augustin Muller, ingénierie sonore Ircam : Jérémie Bourgogne).
En 1975, Gordon Matta-Clark réalisait à Paris, dans le cadre de la Biennale, une oeuvre intitulée Conical Intersect qui consistait à découper une forme de cône géant dans deux maisons voisines du Centre Pompidou, dans le quartier des Halles. Au-delà de l’aspect formel, cette pratique était destinée à libérer les espaces d’habitations de leurs contraintes sociales et utilitaires. Le film, Conical Intersect, capture de façon splendide la complexe coupe en spirale de Matta-Clark, qu’encadre dynamiquement le chantier du nouveau Centre Pompidou. L’artiste a comparé l’ensemble à un spectacle de « son et lumière » qui devait être témoin des divers changement de lumières pendant la journée, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. La forme a été conçue comme un contrepoint à l’imposante toile de fond du Centre Pompidou. La pièce musicale du même titre est inspirée de la rencontre, ou plutôt de l’étrange juxtaposition, survenue en 1975, entre les architectes créateurs du Centre Pompidou (Renzo Piano et Richard Rogers) et l’« anarchitecte » américain Gordon Matta-Clark. De la même façon, cette pièce musicale utilise le contraste, pour le moins baroque, entre sonorités high-tech, un instrument conique (basson) et des textures rudimentaires (réutilisation d’objets sonores), empruntés aux bruits de la rue, usines et constructions. La pièce est dédiée à la mémoire de Joe Zawinul.
 
Le Naufrage est à la fois un livre, une performance et une installation. Elle est composée de deux pièces distinctes. Un bloc de 496 images posées sur une table, sous vitrine. Objet impossible, sa nature fragile le rend inactivable par le spectateur. Il ne peut pas le toucher. Cette pièce se donne à voir comme telle, c’est-à-dire par la tranche. Le regardeur ne pourra voir qu’une pile d’images qu’il devinera bleu gris à la tranche exceptée la première, blanche, sur laquelle se trouve le titre. La seconde pièce est une vidéo réalisée à partir de ce bloc d’images, la vidéo dévoile les photographies sous forme de diaporama : une image pendant sept secondes, deux secondes de noir, une image pendant sept secondes, deux secondes de noir... Un avion apparaît. Deux secondes de noir. Puis l’image semble se répéter. L’espace-temps se dilue et le spectateur devine alors le mouvement sans pouvoir le saisir.
   
Le piano, est envisagé ici d’une manière très étendue où le corps entier de l’instrument ainsi que les différents matériaux qui le constituent sont engagés dans la production sonore. Que ce soit par l’utilisation de préparations, d’un jeu à l’intérieur de l’instrument ou de techniques instrumentales étendues, un matériau acoustique extrêmement riche et diversifié prend vie. Comme un magicien qui sonde les confins de sa magie, Frédéric Blondy travaille cette matière sonore pour créer un espace mouvant, peuplé de strates, d’étirements, d’enchevêtrements, de pulsations, de points et de traits. Il donne naissance à des constructions magistrales et éphémères et nous embarque dans une véritable odyssée aux ramifications multiples.
 

15.00 - Rencontre : « La parité à l’épreuve de la programmation et du choix des artistes, pensionnaires ou comédiennes » avec Cécile Debray, Bénédicte Aillot, Charlotte Fouchet-Ishii et Macha Makeïeff

Il est de plus en plus évident que les rôles de responsabilité confiés aux femmes dans de nombreuses institutions ne suffisent pas à garantir la reconnaissance que leur engagement exigerait. Des figures de premier plan du monde de la culture sont invitées à examiner pourquoi la contribution de plus en plus importante des femmes au renouvellement des pratiques artistiques et à la remise en question des canons des disciplines est si constamment ignorée.

 

16.00 - Conversation Maria Inès Rodriguez en dialogue avec Giulia Andreani (Villa Médicis), Randa Maroufi (Casa de Velázquez), modération par Federico Nicolao projection d'une lecture de Olivia Rosenthal (Villa Kujoyama)

Un fragile fil conducteur accompagne le travail de la curatrice Maria Inès Rodriguez et des jeunes artistes Giulia Andreani et Randa Maroufi : fidèles à leur manière de travailler, attachées à leurs goûts et à leurs passions, habitées par un sentiment de justice, elles ont contribué par leur pratique à renouveler le regard sur les femmes artistes. Invitées à dialoguer ensemble, elles distillent leurs sensations et sentiments sur leurs méthodes et analysent les croisements possibles entre leurs trajectoires artistiques.
 

17.00 -  Conversation : « Architectures » avec Ila Bêka (Villa Kujoyama), Sylvain Couzinet-Jacques (Casa de Velázquez), Louise Lemoine (Villa Kujoyama), Marc Leschelier (Villa Médicis)

Quel espace de pensée en acte et d’utopie représente une architecture non construite ? Que peut-on espérer d’une confrontation avec une architecture déjà existante dont on explore les innombrables possibles fonctions ? Comment devons-nous regarder les architectures au moment où elles cessent d’être des espaces conçus et deviennent des espaces vécus ? Toute architecture est une forme du temps et en tant que telle modifie à différentes échelles et niveaux notre relation à la vision. Des artistes et des architectes ne cessant jamais de s’interroger sur ces questions d’une manière radicale, stimulante et novatrice se confrontent.

18.00 -  Rencontre (conversation filmée) avec Etel Adnan et Chiara Parisi

Écrivaine, poète, peintre, céramiste, créatrice de tapisseries, Etel Adnan revient sur son parcours extraordinaire avec Chiara Parisi, une des plus originales curatrices contemporaines.
 

18.30 - Rencontre avec Koo Jeong-A

Ancienne pensionnaire de la Villa Médicis, Koo Jeong-A n’a jamais cessé de s’intéresser dans sa pratique artistique à l’architecture et aux livres, deux leviers décisifs de son oeuvre. Dans ses expositions l’architecture – d’une manière déclarée ou souterraine – est souvent convoquée pour interroger toute forme qui se pose dans l’espace. Sa pratique du livre d’artiste la situe parmi les artistes les plus intéressantes pour sa manière d’approfondir la trace laissée par une exposition. Depuis plusieurs années Federico Nicolao et Koo Jeong-A correspondent et requestionnent ensemble la pratique de l’exposition en adoptant des positions radicales et différentes. S’emparant des deux thèmes du festival le philosophe interroge l’artiste sur sa pratique. suivie de la projection de La Maddalena, de Ila Bêka et Louise Lemoine (Villa Kujoyama) OEuvre réalisée en 2014 dans le cadre d’une commande artistique de la Biennale de Venise pour l’exposition “Monditalia” à l’Arsenal. Rem Koolhaas, alors commissaire de l’exposition, a demandé à Bêka et Lemoine de travailler sur un site très spécifique se situant sur l’archipel de la Magdalena, au Nord de la Sardaigne. L’ancien Arsenal, en partie rénové par l’architecte italien Stefano Boeri en vue d’accueillir le sommet du G8 de 2009, est l’un des points sombres de la politique italienne des dernières années – un site pollué, abandonné et mis sous clef. Histoire d’un désastre, tant environnemental que financier. Le monologue intérieur de Stefano Boeri que nous suivons au cours de la vidéo revient sur les raisons de cette douloureuse histoire.

21.00 - Concerts

  • Performance musicale de Roque Rivas (Villa Médicis) / Conical Intersect, pour basson et dispositif électroacoustique (musicien : Médéric Debacq, réalisation en informatique musicale Ircam : Roque Rivas, régie informatique musicale Ircam : Augustin Muller, ingénierie sonore Ircam : Jérémie Bourgogne)
 

Démocratique, irrévérencieux et expérimental par tradition, Alvin Curran voyage en chariot électronique entre le Golden Gate et le Tibre, et fabrique de la musique en toute occasion avec n’importe quel phénomène résonnant – soit un mélange instable de lyrisme et de chaos, de structure et d’indétermination, de cornes de brume, de violons et d’archets d’insectes. Curran se consacre à restaurer la dignité de celles et ceux qui ont choisi pour profession de faire de la musique non commerciale, comme une quête personnelle de formes sociales, politiques et spirituelles à venir. Sa pratique musicale embrasse toutes les contradictions (composition/improvisation, tonalité/atonalité, maximalisme/minimalisme) en une rencontre dialectique sereine. Ses plus de 200 oeuvres convoquent des sons naturels enregistrés/échantillonnés, du piano, des synthétiseurs, des ordinateurs, le violon, les percussions, le shofar, des cornes de navire, l’accordéon et des choeurs. Qu’il s’agisse du format intimiste de ses performances solo, de pure musique de chambre, d’oeuvres expérimentales destinées à la radio, ou bien encore d’environnements sonores et d’installations à grande échelle destinés à des sites choisis, toutes ces formes façonnent une langue éminemment personnelle puisant à toutes les langues du monde avec une attention scrupuleuse et un art consommé de la recombinaison.

 

Dimanche : Livres d'artistes, Frontières de l'objet et Géographies de la parole et de la représentation

Programme

10h – 11h30   Conversation « Une matinée avec les livres d’artistes » Federico Nicolao, commissaire du festival, réunit pour une matinée dédiée au Livre d’artistes quelques-uns des pensionnaires des trois institutions pour analyser l’émergence de l’édition dans les pratiques artistiques contemporaines.   11h30 – 13h   Conversation : « Les frontières de l'objet » avec Pauline Abascal (Villa Kujoyama), Clément Carat (Casa de Velázquez), Laureline Galliot (Villa Kujoyama), Claire Lavabre (Villa Médicis) et Matthieu Peyroulet-Ghilini (Villa Kujoyama) modération par Federico Nicolao

La pratique du design contemporain ne cesse d’évoluer et de se renouveler ces dernières années. Un ensemble de pratiques alternatives et procédés modernes s’est développé entraînant voire obligeant les designers à repenser leur activité, à tisser des relations avec les technologies numériques et renouer avec d’anciens matériaux devenus cruciaux dans la production contemporaine. Quelques-uns des designers et des artistes en résidence présentent leurs nouvelles créations en discutant des enjeux du design contemporain et des différences dans la pratique du design au Japon, en Espagne et en Italie.

  15h – 19h30     Rencontres « Géographies de la parole et de la représentation »

Maintes fois traitée et de manières si divergentes, cruciale tant dans les tragédies grecques que dans les chroniques plus douloureuses et récentes de l’actualité, la notion de frontière réapparaît avec toutes les contradictions qu’elle porte à chaque crise sociale et économique. Notion galvaudée, périssable et vide d’intérêt quand elle n’est pas analysée avec rigueur, elle se dessine pourtant cycliquement comme un horizon, catastrophique et fondamentalement instable, pour tout penseur et artiste qui s’intéresse à l’errance, à l’exil, à l’engagement dont l’être humain fait preuve quand il s’assume comme habitant. Des chercheurs, des artistes, des philosophes, des écrivains lucides sur la période qu’on traverse et confiants dans l’action se confrontent et partagent quelques-unes de leurs recherches sur cette notion qui peut être traitée de nombreuses manières mais qui pose inévitablement des problèmes de dissonance et des interrogations ardues, loin de la facilité.

Federico Nicolao et Sarah Toucas, chercheuse spécialisée sur les notions de frontières et de migrations, retracent ensemble également l’expérience de l’exposition « Après Babel, traduire » au Mucem conçue par la philologue et philosophe Barbara Cassin.  
  • 15h30-16h   Visite de la Villa Méditerranée « Quelles routes parallèles suivirent-ils en rentrant ? » un projet d’Odysseas Yiannikouris et d’Alessandra Monarcha (Villa Médicis)

« Nous avons, à la Villa Médicis fait une recherche sans commanditaire, sans stratégie, sans critique ni remarque. Pour un temps l’envie a ambitieusement réformé le sérieux pour produire quelques projets faits de matière d’étonnant, avec l’intuition d’utiliser de belles définitions : celles des énergies qui sont du cosmos, des fluides et du climat, celles des jardins qui sont de vie… nous avons, par exemple, travaillé à un temple au soleil couchant. Une chose a demeuré : être sensible au contexte dans lequel nous produisons nos idées, même si, dans le jeu de cette autre rationalité (Cosmos, fluides, vie), le concret de notre contemporain ne vaut rien : nous lui avons préféré les maquettes de Galilée. Villa Méditerranée - Niveau 1 sera le territoire du récit de ces explorations. Entre deux mondes qui nous sont familiers ; celui du cosmos, des fluides et du climat et leurs belles plastiques ; celui de ce lieu, porte-à-faux qui exerce notre oeil fin et notre regard heureux à voir au-delà de l’absurde : deux mondes, deux Villas, de Galilée à cette grande bascule, autant de temples au mouvement. »

L’antiAtlas des frontières est un collectif de chercheurs, d’artistes et d’experts. Articulant recherche et création artistique, ils tentent d’aborder de manière inédite les mutations des frontières et des espaces de nos sociétés contemporaines. Jean Cristofol, philosophe et enseignant à l’École Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence présente la revue numérique de l’antiAtlas des Frontières et les enjeux de cette plateforme de veille et de communication présentant les événements, publications, actualités et oeuvres art-science questionnant les mutations des frontières au 21e siècle.

Comment habiter un lieu inhabitable ? Réponse évidente : en le remplissant de livres. De cette réflexion, l’écrivain Boris Bergmann articule le thème de sa première intervention : la bibliothèque idéale. À travers 10 livres aimés, 10 écrits essentiels – habiter un lieu. « Je ne connais pas Marseille. Je n’y ai jamais mis les pieds. J’y étais la nuit dernière – en rêve – mais c’est à peu près tout. Je vais découvrir Marseille à l’occasion de ¡ Viva Villa ! : une bonne excuse pour une plongée en apnée dans la matière de la ville. Désormais les voyageurs ne sont plus jamais perdus : ils tirent de leur poche leur téléphone, le mettent sous leurs yeux, tapent l’adresse, le point d’arrivée, et l’itinéraire précis, sans détour, peut surgir. Tout découle à l’écran, sans surprise. Je me suis promis de ne pas répéter ce geste facile, automatique. De découvrir Marseille par un procédé autre : la dérive. Se livrer à la dérive, c’est renoncer, pour une durée plus ou moins longue, aux raisons de se déplacer et d’agir, aux relations, aux travaux et aux loisirs qui me sont propres, pour se laisser aller aux sollicitations du terrain et des rencontres qui y correspondent. Abolir ma procédure habituelle. Laisser la ville aux plis invisibles, aux recoins, faire de moi ce qu’elle veut. Je redeviendrai alors un corps à la merci de la poésie urbaine. Les situationnistes parlaient de psychogéographie. Je préfère y voir les états d’âme de l’espace qui, parfois triste, parfois joyeux, parfois constipé ou simplement désintéressé, me ballade à travers lui, me déplace en lui. Je pourrai alors reconstruire ma carte de Marseille — irrégulière, imparfaite et pourtant bien plus « vraie » qu’un screenshot de Google Map. Plus vraie, ma carte, car j’y laisserai les marques de mon passage, mes traces. Mes sentiments. Cette carte sera utile — je l’espère — à d’autres qui voudront, à leur tour, en dérive, retrouver la ville latente, secrète et mystérieuse qui sommeille sous les plans trop clairs, sous les applications de géolocalisation trop précises, et qui n’attend qu’une chose : qu’on la réveille. Pour mieux s’y perdre. Pour mieux la vivre, la ville. » « Les difficultés de la dérive sont celles de la liberté », Guy-Ernest Debord

Repartant de l’idée de Littérature Monde et de son expérience de la Société des auteurs, de son projet Mittel Europe et du travail collectif sur Les potentiels du temps l’écrivain, Camille de Toledo dialogue avec Federico Nicolao sur l’idée de traduction.

Lundi : journée professionnelle

Programme

  • 10.00 - Introduction

Les commissaires accueillent le public et présentent la journée en présence de Florian Laurençon, Directeur Général Adjoint de l’éducation, de la culture et de la jeunesse de la Région Sud, Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Les directeurs présentent la Casa de Velázquez, la Villa Kujoyama et la Villa Médicis.  
  • 11.30 - Table Ronde « Les résidences d'artistes en Région Sud Provence – Alpes Côte d’Azur : une ouverture sur l’Europe »

« Vos institutions représentent des lieux d’excellence où la notion d’accueil en résidence est centrale. Quels sont les dispositifs et formats mis en place par vos institutions pour soutenir le plus justement la création contemporaine et les disciplines que vous représentez ? Y a-t-il une identité européenne des résidences d’artistes ? »

En présence de :

Actoral, Festival international des arts et des écritures contemporaines | Hubert Colas, directeur

L’Association des Centres Culturels de Rencontres | Isabelle Battioni, déléguée générale et Ilinca Martorell, chargée de mission résidences

La Chartreuse | Catherine Dan, directrice

Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques | Isabelle Reiher, directrice

Fondation Hartung-Bergman | Thomas Schlesser, directeur

Modération par Pascal Neveux, directeur du FRAC PACA

 
  • 15.00 - Table Ronde « Vers de nouvelles résidences »

« Ces dernières années, les mutations de la pratique artistique ont provoqué un changement profond des exigences des artistes face au système de résidence. Vos institutions ont su créer de nouveaux modes d’immersion pour les artistes en développant des formats novateurs de résidence. Ces nouvelles formes répondent-elles à une urgence de redéfinition de la résidence artistique ? »

En présence de :

Collection Lambert en Avignon | Stéphane Ibars, responsable de la coordination artistique des relations publiques et de la programmation culturelle

Espace de l’art concret | Fabienne Grasser-Fulchéri, directrice

Fondation Camargo | Julie Chénot, directrice

Fondation Jean-Luc Lagardère | Yann Charbonnier, ancien lauréat

Triangle | Céline Kopp, directrice

Modération par Jean-Pierre Blanc, directeur de la Villa Noailles 

 
  • 16.30 - Table ronde « L’Art contemporain et le musée »

« Exposer l’art contemporain, représenter des artistes et mouvements en rupture avec les codes esthétiques préétablis, former un public face à des pratiques artistiques en perpétuel renouvellement : telles sont les vertus et missions muséales aujourd’hui. Quels sont les processus que vous engagez pour renouveler votre rapport à la création contemporaine et quels sont les dispositifs muséaux mis en place pour représenter la scène artistique contemporaine ? »

En présence de :

Fondation Vincent Van Gogh Arles | Bice Curiger, directrice

[MAC] Musée d'art contemporain de Marseille | Thierry Ollat, directeur

Musées de Marseille |  Xavier Rey, directeur

Musée de l’Orangerie | Cécile Debray, directrice

Musée Picasso d’Antibes | Jean-Louis Andral, directeur et Laure Lanteri, responsable du service des Publics

Nouveau Musée National de Monaco | Cristiano Raimondi, responsable du développement

La Villa Arson | Eric Mangion, directeur du centre d’art

Modération par : Jean-François Chougnet, directeur du Mucem

  • 18.30 - Rencontre « Temps libre – temps de travail en résidence »

avec Arno Bertina, écrivain et ancien pensionnaire de l’Académie de France à Rome (2004 – 2005)

Arno Bertina dialogue avec Federico Nicolao autour des temporalités d’une résidence et revient sur les collaborations artistiques qu’il mène à la Villa Médicis notamment avec sa participation à l’ouvrage collectif Anastylose qu’il réalise avec les pensionnaires de sa promotion Bastien Gallet, Ludovic Michaux et Yoan De Roeck.

 

Deuxième dérive, théorique. Autour du concept de la dérive. Lecture psychogéographique. Les origines de la dérive. Les dérives capitales. Échecs et succès de l’errance. Dépasser la ville concrète. Pénétrer la ville latente, secrète. Remerciements situationnistes.

Mardi : Carte blanche à la Villa Kujoyama

Programme

  • 17h30– 18h30     FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur (20, boulevard de Dunkerque – 13002 Marseille)

Conversation "Un autre rapport au livre" avec Federico Nicolao un projet en collaboration avec le FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur Le désir de redéfinir les contours de la question du livre a toujours habité l’écrivain et philosophe Federico Nicolao tant dans son enseignement (à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts de Paris Cergy et à l’ECAL de Lausanne) que dans sa trajectoire insolite, entre plusieurs langues et plusieurs disciplines, dans l’édition. Alors que la société éditoriale s’est de plus en plus spectacularisée intensifiant la production de livres selon des critères industriels, le philosophe depuis la fin des années 90 et ses collaborations dans le numérique avec Luc Steels a prôné la cause de l’auto-publication et à partir de sa résidence au début des années 2000 à la Villa Médicis a essayé de refaire du livre dans sa pratique un procédé dialectique et collectif de pensée, passant par des formes singulières de production et diffusion et contribuant par ses collaborations avec les artistes à l’invention de nouveaux possibles. Parcourant ses collaborations passées avec Hélène Bertin, Laura Erber, Koo Jeong-A, Jérôme Combier, Nico Dockx, Didier Fiuza Faustino, Olivier Kervern, M/M, Jean Sabrier, Raphaël Thierry, Jean-Michel Wicker, Federico Nicolao se penchera sur quelques-uns de ses plus récents projets rendant hommage à ses plus jeunes complices actuelles : Daphné Mookherjee, Gina Proenza, Axelle Stiefel et Agathe Zaerpour discutant avec le public d’édition et d’auto-publication. Le livre, s’il est conçu comme un support artistique privilégié loin d’une logique consumériste, comme l’ont montré des pionniers tels Lourdes Castro, Emmanuel Hocquard ou Bruno Munari et continuent à le prouver nombre d’artistes contemporains, peut continuer à proposer des modes originaux de rencontre entre l’auteur et ses lecteurs.

CARTE BLANCHE A LA VILLA KUJOYAMA à partir de 18 h

Avec sept disciplines différentes au programme, la Villa Kujoyama oriente sa carte blanche autour du thème central de la post-résidence. Retour d’expérience, rencontres et spectacles constituent cette soirée. Une invitation particulière est faite aux écoles d’art « L’École(s) du sud ».

  • 16h– 16h45   L’École(s) du Sud

Echange entre directeurs des écoles d’art Foyers d’une nouvelle génération d’artistes et porteurs d’un rôle fort sur le territoire français et international, les écoles d’art « L’École du Sud », sont invitées à dialoguer sur leurs manières d’innover et de repenser leurs espaces de création.

  • 16h45– 17h30   Focus sur les métiers d'art

Depuis 2014, la Villa Kujoyama est ouverte aux métiers d’arts. La présence du festival ¡ Viva Villa ! en région Provence-Alpes-Côte d’Azur est l’occasion de présenter cette spécificité aux acteurs locaux et ainsi de répondre aux questions éventuelles de professionnels.

Du commissariat d’exposition à la bande dessinée, en passant par le design textile et les arts plastiques, ces quatre résidents fraîchement revenus du Japon, racontent l’importance d’une résidence dans leur parcours et témoignent de cette riche expérience interculturelle.

Gikochina-sa est une pièce qui scintille entre deux mondes. Deux cultures de corps aussi éloignées que fascinantes l’une à l’autre. Le Japon. Le monde occidental. Chorégraphe, Mylène Benoit a séjourné au Japon, qu’elle découvre, d’un oeil intégralement neuf. Tout l’y a bouleversée, dans une écriture des gestes, codifiée à l’extrême, vouée à un raffinement de tous les instants. Elle y a rencontré le danseur contemporain Atsushi Heki, également expert dans l’interprétation la plus rigoureuse et scrupuleuse du noble répertoire ancestral du Nichibu. Avec lui, allait s’expérimenter la démarche inverse, qui part d’un langage gestuel ordonné à l’extrême, pour s’y autoriser un chahut progressif de prises de liberté. Du désordre à la rigueur, et réciproquement : Gikochina-sa effectue, jusqu’à l’envoûtement, un chemin qui renouvelle encore les significations contradictoires, et jamais épuisées, du corps en mouvement.

  • 20h30– 21h30     Lecture "Larmes"

Mise en espace - lecture conçue par Thomas Bouvet interprétée par Yann Boudaud. « Un acteur prendra la parole, saisira à pleins poumons la figure d’un messager, celui du gardien des larmes versées, là, de toute éternité, devant nous. L’Humanité s’est évaporée et la Terre a pleuré. Beaucoup. Ne reste que cet homme seul, cet unique témoin, de toute éternité, pour nous raconter l’histoire des amours qui n’ont pas existé qui n’ont pas vu la douceur des nuits et baisers partagés. Le temps ne s’arrête pas, ne peut pas s’arrêter, tout peut recommencer, la vie soutenue par l’espoir trouve toujours un chemin, se fraie un chemin. Le temps invariablement passe mais différement se ressent selon son état, sa culture, son histoire. »

Mercredi : journée jeunesse

Programme

En journée des ateliers sont articulés autour des thématiques de l’exposition comme l’architecture, les frontières, mais également autour de différentes pratiques artistiques comme le dessin, la vidéo, la peinture, le cinéma, la photographie, ou encore la sculpture.
  • Ateliers 10h-12h & 14h-16h

atelier avec Aurélia Frey: ancienne membre de la Casa de Velázquez (2008-2010), la photographe Aurélia Frey après une brève présentation de son travail animera deux ateliers de deux heures autour de la fabrication de cyanotypes : procédé photographique monochrome négatif ancien en vue de créer un petit herbier.

à 10h pour les enfants de 6 à 11 ans

à 14h pour les jeunes de 12 à 16 ans

 
  • 12h Rencontre avec Aurélia Frey : Frontières et passages, entre photographie et littérature à travers deux publications « Calle del Barco » et « Apnée »

Calle del Barco est un livre utopique qui réunit 13 portraits littéraires et photographiques d’un quartier énigmatique de Madrid, entre Chueca et Malasaña. Photographies, citations, textes poétiques se mêlent pour suggérer la vie et l’âme d’une rue à la fois réelle et fantasmée. Fruit de la collaboration entre Nelly Labère, auteur, et Aurélia Frey, photographe, Calle del Barco invite à entrer dans l’imaginaire d’une ville secrète et sensuelle, Madrid.

Apnée – photographies d’Aurélia Frey texte d’Emmelene Landon Aurélia et moi nous baladons sur l’île de Ratonneau, en pleine lumière, à chaque pas des papillons jaunes surgissent des buissons. La blondeur d’Aurélia  reflète le soleil. Nous ne nous sommes pas vues depuis un an, peut-être deux. Nous nous retrouvons sur cette île, dans l’empreinte laissée par ses photos, comme quand on ferme les yeux après avoir regardé le soleil. Une tache. Comment mémoriser une tache ? Comment décrire un éblouissement ? Comment garder l’empreinte d’un éblouissement ? (On arrête de respirer.)

  • 16H30-18h projection de Persepolis réalisé par Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud [1h35]

Téhéran 1978 : Marjane, huit ans, songe à l’avenir et se rêve en prophète sauvant le monde. Choyée par des parents modernes et cultivés, particulièrement liée à sa grand-mère, elle suit avec exaltation les évènements qui vont mener à la révolution et provoquer la chute du régime du Chah. Avec l’instauration de la République islamique débute le temps des « commissaires de la révolution » qui contrôlent tenues et comportem ents. Marjane qui doit porter le voile, se rêve désormais en révolutionnaire. Bientôt, la guerre contre l’Irak entraîne bombardements, privations, et disparitions de proches. La répression intérieure devient chaque jour plus sévère. Dans un contexte de plus en plus pénible, sa langue bien pendue et ses positions rebelles deviennent problématiques. Ses parents décident alors de l’envoyer en Autriche pour la protéger. À Vienne, Marjane vit à quatorze ans sa deuxième révolution : l’adolescence, la liberté, les vertiges de l’amour mais aussi l’exil, la solitude et la différence.

Cette phrase écrite en Pelistic dans le langage de Narcisse, sera visible tout au long de l’exposition Viva Villa. Celle- ci sera diffusée par l’intermédiaire des volontaires qui porteront cette inscription sur des tee-shirts. Lors de la marche-performance Eï iria ïl éia du 3 octobre à 18h00 qui débutera à la Villa Méditerranée, les volontaires brandiront des pancartes avec ce slogan, pour rejoindre le FRAC Provence-Alpes- Côte d’Azur à 18h30 et participer à l’activation de la performance Narcisse avia. Cette action qui peut faire écho au fameux I am a Man de 1968 (Grève des éboueurs noirs de Memphis, Tennessee) est un appel à la tolérance et à l’humanité face à son prochain ; cela dans un contexte ou la question de l’accueil des migrants est de plus en plus présente.

Jeudi : Carte blanche à l'Académie des beaux-arts

Programme

lecture de Boris Bergmann (Villa Médicis) DOS AU MONDE / Troisième dérive, intime un projet en collaboration avec le FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur

 

CARTE BLANCHE A L’ACADEMIE DES BEAUX-ARTS à partir de 15h

Partenaire du festival ¡ Viva Villa ! l’Académie des beaux-arts organise dans ce cadre, et pour la première fois depuis sa création en 1816, une séance plénière « décentralisée ». Le Bureau de l’Académie a décidé de consacrer la partie « débat » de cette séance au rôle des collectivités territoriales dans la politique culturelle. Instance consultative auprès des pouvoirs publics, l’Académie des beaux-arts mène en effet, en dehors de ses missions de soutien à la création artistique et de défense du patrimoine artistique de la France, une activité de réflexion sur les questions d’ordre artistique lors de ses séances hebdomadaires au cours desquelles elle convie régulièrement des personnalités du monde culturel et politique à intervenir.

Cette séance statutaire du jeudi 4 octobre 2018 est suivie d’une discussion avec les membres de la section de Photographie de l’Académie autour du thème retenu pour l’édition 2018 du festival, « Frontières », puis de la projection du film « Chaos » de Coline Serreau, dernière membre élue de la Compagnie dans la section des Créations artistiques dans le cinéma et l’audiovisuel.

 
  • 15h   Séance plénière décentralisée de l’Académie des beaux-arts à Marseille

Approbation du procès-verbal de la séance du mercredi 26 septembre 2018 Point d’actualité de Laurent Petitgirard, Secrétaire perpétuel de l’Académie des beaux-arts Déclaration de vacances de fauteuils Intervention de Jean-Marie Pontier, professeur émérite en droit public de l’université d’Aix-Marseille : les collectivités territoriales et la culture, des compétences partagées et des initiatives diversifiées Echange avec des élus sur les politiques culturelles des collectivités territoriales Intervention de François Chaslin, correspondant de la section d’Architecture de l’Académie des beaux-arts : le Mucem de Rudy Ricciotti

« Frontières » – discussion avec Bruno Barbey, Jean Gaumy et Sebastião Salgado, membres de la section de Photographie de l’Académie des beaux-arts

  • 20 h 00   Projection du film « Chaos » (2001)

de Coline Serreau, membre de la section Créations artistiques dans le cinéma et l’audiovisuel de l’Académie des beaux-arts

Vendredi : Carte Blanche à l'Académie de France à Rome - Villa Médicis

vendredi

Programme

CARTE BLANCHE A L’ACADEMIE DE FRANCE A ROME – VILLA MEDICIS

DOS AU MONDE / Ultime dérive, romaine. Quelques visions de la Villa. Le dépassement des frontières entre les arts. Lecture de quelques poèmes écrits autour de mes errances romaines.

  • 17h-18h   Présentation de la nouvelle promotion des pensionnaires 2018-2019

avec Julia Blondeau, Rebecca Digne, Amalia Finkelstein, Hélène Giannecchini, Lola Gonzàlez et François Hébert, Pauline Lafille, Thomas Lévy-Lasne, Mathieu Lucas, Léonard Martin et Riccardo Venturi

Depuis septembre 2018, seize nouveaux pensionnaires ont été accueillis en résidence à l’Académie de France à Rome – Villa Médicis pour un an. Qu’ils soient plasticiens, compositeurs, architectes, designers, historiens de l’art ou théoriciens leurs projets artistiques se font l’écho de la pratique artistique contemporaine : tous arpentent et questionnent dans leurs productions et recherches différentes disciplines.

  • 18h-19h   Conversation "Porosité interdisciplinaire" avec Laurent Bazin et Alvise Sinivia (anciens pensionnaires de la Villa Médicis )

Laurent Bazin et Alvise Sinivia, anciens pensionnaires de la Villa Médicis, reviennent sur leur expérience en résidence à Rome et questionnent les notions de porosité et de frontières entre les disciplines artistiques.

Laurent Bazin est metteur en scène. Sa pratique se base sur une recherche d’articulation entre le texte et l’image : fausse conférence, thriller médiéval, fable futuriste, ballet visuel, théâtre d’ombres. Chacun de ses spectacles est traversé par la question de notre rapport au voir. Son travail emprunte également de nombreux chemins disciplinaires : performance, réalité virtuelle, roman graphique. Autant de supports pour harceler le sujet et le réinventer sur un plateau de théâtre.

Alvise Sinivia est un artiste protéiforme : pianiste, improvisateur, compositeur et performeur. Ses rencontres avec des artistes de tous horizons jalonnent son parcours (danseurs, chorégraphes, circassiens, vidéastes, peintres et plasticiens) et lui permettent de renouveler constamment son rapport à l’instrument dont il expérimente depuis plusieurs années les paradoxes et limites sonores et physiques.

Cette performance transdisciplinaire est un satellite d’un travail plus large imaginé en collaboration avec les artistes Qudus Onikeku et Native Maqari : une recherche menée au nord du Nigéria sur l’origine interne des migrations sahéliennes liées à l’envoi d’enfants des campagnes vers les villes pour étudier dans les écoles Coraniques. Ces jeunes garçons sont appelés Almajiris, terme en langue Haussa pour migrant, lui-même dérivé de l’arabe ‘Al muhajir’, de même signification. Ils deviennent fréquemment enfants des rues, parfois mendiants, toujours déracinés. Ici, la présence de l’eau méditerranéenne au pied de la façade de la Villa Méditerranée a inspiré une projection monumentale évoquant la noyade, mais aussi la résilience des hommes et femmes victimes de la crise d’hospitalité européenne actuelle. La performance dansée quant à elle traite du rapport des Almajiris à leur seule propriété: les tablettes de bois destinées à l’apprentissage du Coran.

  • 21.30-22.30 - Concert

Concert du compositeur Aurélien Dumont  interprété par l’Ensemble 2e2m

Œuvre-miroir de Naïbes, Baïnes est une pièce dont l’écriture instrumentale s’inscrit dans une suite labyrinthique où objets musicaux et visuels se répondent et résonnent les uns avec les autres.

Ces vidéos sont des instants de réels réduits au cadre d’un seul plan fixe, dans une traque continue d’éphémères moments suspendus où la réalité est transfigurée. La dimension plastique du langage musical, par mises en tensions d’objets, en recèle des potentialités d’échos saisissants. L’élaboration d’une narrativité proche du design sonore donne au silence une place singulière, véritable point de connexion entre sons et images.

Le compositeur s’approprie et propose à la vidéaste les montages formels en fuyant tout rapport illustratif : seuls quelques « débordements » musicaux sur l’image, ou visuels sur la musique, apparaissant comme autant de marqueurs formels et structurants.

 

Samedi : Carte blanche à la Casa de Velázquez

Programme

CARTE BLANCHE A LA CASA DE VELAZQUEZ à partir de 15 h

 

Rencontre Big Bangers, relecture d’une pratique de la destruction avec David de Beyter (Casa de Velázquez) un projet en collaboration avec le FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur

Depuis quatre ans David De Beyter suit les « Big Bangers », une communauté qui pratique le crash de voitures comme un art de vivre. Dans le cadre du lancement du livre attaché à ce projet DAMAGED INC. édité par RVB Books, le photographe sera présent au FRAC pour une rencontre autour du fanzine assortie d’une projection.

 
  • 17h   Dévoilement de la fresque réalisée 

avec Juliette Le Roux

 
  • 17h15-18h15   Conversation "Mises en scène de la frontière : enjeux politiques et artistiques"

avec Clément Carat, Dmitri Makhomet et Randa Maroufi et Marko Tocilovac, membre chercheur de l’École des hautes études hispaniques et ibériques (Casa de Velázquez — EHEHI) invitée Marie José Mondzain, philosophe et directeur de recherche émérite au CNRS

 
  • 18h30-20h15    Projection "Les oubliés de Norviliskes"

film documentaire de Dmitri Makhomet suivie d’un échange avec le réalisateur animé par Eric Vidal, critique

 
  • 21h00   Concert-lecture

Concert de Didier Rotella et Joan Magrané Figuera avec l’Ensemble Orchestral Contemporain, direction Daniel Kawka

Dimanche

Programme