Samedi 29 septembre

29 septembre  

13h / inauguration performance musicale

  •  Performance musicale de Roque Rivas (Villa Médicis) / Conical Intersect,
    pour basson et dispositif électroacoustique (musicien : Médéric Debacq, réalisation en informatique musicale Ircam : Roque Rivas, régie informatique musicale Ircam : Augustin Muller, ingénierie sonore Ircam : Jérémie Bourgogne).

En 1975, Gordon Matta-Clark réalisait à Paris, dans le cadre de la Biennale, une oeuvre intitulée Conical Intersect qui consistait à découper une forme de cône géant dans deux maisons voisines du Centre Pompidou, dans le quartier des Halles. Au-delà de l’aspect formel, cette pratique était destinée à libérer les espaces d’habitations de leurs contraintes sociales et utilitaires. Le film, Conical Intersect, capture de façon splendide la complexe coupe en spirale de Matta-Clark, qu’encadre dynamiquement le chantier du nouveau Centre Pompidou. L’artiste a comparé l’ensemble à un spectacle de « son et lumière » qui devait être témoin des divers changement de lumières pendant la journée, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. La forme a été conçue comme un contrepoint à l’imposante toile de fond du Centre Pompidou. La pièce musicale du même titre est inspirée de la rencontre, ou plutôt de l’étrange juxtaposition, survenue en 1975, entre les architectes créateurs du Centre Pompidou (Renzo Piano et Richard Rogers) et l’« anarchitecte » américain Gordon Matta-Clark. De la même façon, cette pièce musicale utilise le contraste, pour le moins baroque, entre sonorités hightech, un instrument conique (basson) et des textures rudimentaires (réutilisation d’objets sonores), empruntés aux bruits de la rue, usines et constructions. La pièce est dédiée à la mémoire de Joe Zawinul.

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Le Naufrage est à la fois un livre, une performance et une installation. Elle est composée de deux pièces distinctes. Un bloc de 496 images posées sur une table, sous vitrine. Objet impossible, sa nature fragile le rend inactivable par le spectateur. Il ne peut pas le toucher. Cette pièce se donne à voir comme telle, c’est-à-dire par la tranche. Le regardeur ne pourra voir qu’une pile d’images qu’il devinera bleu gris à la tranche exceptée la première, blanche, sur laquelle se trouve le titre. La seconde pièce est une vidéo réalisée à partir de ce bloc d’images, la vidéo dévoile les photographies sous forme de diaporama : une image pendant sept secondes, deux secondes de noir, une image pendant sept secondes, deux secondes de noir…
Un avion apparaît. Deux secondes de noir. Puis l’image semble se répéter. L’espace-temps se dilue et le spectateur devine alors le mouvement sans pouvoir le saisir.

 

Le piano, est envisagé ici d’une manière très étendue où le corps entier de l’instrument ainsi que les différents matériaux qui le constituent sont engagés dans la production sonore. Que ce soit par l’utilisation de préparations, d’un jeu à l’intérieur de l’instrument ou de techniques instrumentales étendues, un matériau acoustique extrêmement riche et diversifié prend vie.
Comme un magicien qui sonde les confins de sa magie, Frédéric Blondy travaille cette matière sonore pour créer un espace mouvant, peuplé de strates, d’étirements, d’enchevêtrements, de pulsations, de points et de traits. Il donne naissance à des constructions magistrales et éphémères et nous embarque dans une véritable odyssée aux ramifications multiples.

 

15.00 – Rencontre : « La parité à l’épreuve de la programmation et du choix des artistes, pensionnaires ou comédiennes »
avec Cécile Debray, Bénédicte Alliot, Charlotte Fouchet-Ishii et Macha Makeïeff

Il est de plus en plus évident que les rôles de responsabilité confiés aux femmes dans de nombreuses institutions ne suffisent pas à garantir la reconnaissance que leur engagement exigerait. Des figures de premier plan du monde de la culture sont invitées à examiner pourquoi la contribution de plus en plus importante des femmes au renouvellement des pratiques artistiques et à la remise en question des canons des disciplines est si constamment ignorée.

 

16.00 – Conversation
Maria Inès Rodriguez
en dialogue avec Giulia Andreani (Villa Médicis), Randa Maroufi (Casa de Velázquez), modération par Federico Nicolao
projection d’une lecture de Olivia Rosenthal (Villa Kujoyama)

Un fragile fil conducteur accompagne le travail de la curatrice Maria Inès Rodriguez et des jeunes artistes Giulia Andreani et Randa Maroufi : fidèles à leur manière de travailler, attachées à leurs goûts et à leurs passions, habitées par un sentiment de justice, elles ont contribué par leur pratique à renouveler le regard sur les femmes artistes. Invitées à dialoguer ensemble, elles distillent leurs sensations et sentiments sur leurs méthodes et analysent les croisements possibles entre leurs trajectoires artistiques.

 

17.00 –  Conversation : « Architectures »
avec Ila Bêka (Villa Kujoyama), Sylvain Couzinet-Jacques (Casa de Velázquez), Louise Lemoine (Villa Kujoyama), Marc Leschelier (Villa Médicis)

Quel espace de pensée en acte et d’utopie représente une architecture non construite ? Que peut-on espérer d’une confrontation avec une architecture déjà existante dont on explore les innombrables possibles fonctions ? Comment devons-nous regarder les architectures au moment où elles cessent d’être des espaces conçus et deviennent des espaces vécus ? Toute architecture est une forme du temps et en tant que telle modifie à différentes échelles et niveaux notre relation à la vision. Des artistes et des architectes ne cessant jamais de s’interroger sur ces questions d’une manière radicale, stimulante et novatrice se confrontent.

18.00 –  Rencontre (conversation filmée) avec Etel Adnan et Chiara Parisi

Écrivaine, poète, peintre, céramiste, créatrice de tapisseries, Etel Adnan revient sur son parcours extraordinaire avec Chiara Parisi, une des plus originales curatrices contemporaines.

 

18.30 – Rencontre avec Koo Jeong-A

Ancienne pensionnaire de la Villa Médicis, Koo Jeong-A n’a jamais cessé de s’intéresser dans sa pratique artistique à l’architecture et aux livres, deux leviers décisifs de son oeuvre. Dans ses expositions l’architecture – d’une manière déclarée ou souterraine – est souvent convoquée pour interroger toute forme qui se pose dans l’espace. Sa pratique du livre d’artiste la situe parmi les artistes les plus intéressantes pour sa manière d’approfondir la trace laissée par une exposition.
Depuis plusieurs années Federico Nicolao et Koo Jeong-A correspondent et requestionnent ensemble la pratique de l’exposition en adoptant des positions radicales et différentes. S’emparant des deux thèmes du festival le philosophe interroge l’artiste sur sa pratique.

suivie de la projection de La Maddalena, de Ila Bêka et Louise Lemoine (Villa Kujoyama)

Œuvre réalisée en 2014 dans le cadre d’une commande artistique de la Biennale de Venise pour l’exposition “Monditalia” à l’Arsenal. Rem Koolhaas, alors commissaire de l’exposition, a demandé à Bêka et Lemoine de travailler sur un site très spécifique se situant sur l’archipel de la Magdalena, au Nord de la Sardaigne.
L’ancien Arsenal, en partie rénové par l’architecte italien Stefano Boeri en vue d’accueillir le sommet du G8 de 2009, est l’un des points sombres de la politique italienne des dernières années – un site pollué, abandonné et mis sous clef. Histoire d’un désastre, tant environnemental que financier.
Le monologue intérieur de Stefano Boeri que nous suivons au cours de la vidéo revient sur les raisons de cette douloureuse histoire.

durée: 12min


21.00 – Concerts

  • Performance musicale de Roque Rivas (Villa Médicis) / Conical Intersect, pour basson et dispositif électroacoustique (musicien : Médéric Debacq, réalisation en informatique musicale Ircam : Roque Rivas, régie informatique musicale Ircam : Augustin Muller, ingénierie sonore Ircam : Jérémie Bourgogne)

 

Démocratique, irrévérencieux et expérimental par tradition, Alvin Curran voyage en chariot électronique entre le Golden Gate et le Tibre, et fabrique de la musique en toute occasion avec n’importe quel phénomène résonnant – soit un mélange instable de lyrisme et de chaos, de structure et d’indétermination, de cornes de brume, de violons et d’archets d’insectes. Curran se consacre à restaurer la dignité de celles et ceux qui ont choisi pour profession de faire de la musique non commerciale, comme une quête personnelle de formes sociales, politiques et spirituelles à venir. Sa pratique musicale embrasse toutes les contradictions (composition/improvisation, tonalité/atonalité, maximalisme/minimalisme) en une rencontre dialectique sereine. Ses plus de 200 oeuvres convoquent des sons naturels enregistrés/échantillonnés, du piano, des synthétiseurs, des ordinateurs, le violon, les percussions, le shofar, des cornes de navire, l’accordéon et des choeurs. Qu’il s’agisse du format intimiste de ses performances solo, de pure musique de chambre, d’oeuvres expérimentales destinées à la radio, ou bien encore d’environnements sonores et d’installations à grande échelle destinés à des sites choisis, toutes ces formes façonnent une langue éminemment personnelle puisant à toutes les langues du monde avec une attention scrupuleuse et un art consommé de la recombinaison.