Jeudi de la Collection Lambert – 31 octobre

31 octobre  

Le festival ¡ Viva Villa ! s’est emparé des Jeudis de la Collection Lambert en proposant une sélection de performances, de rencontres et de conférences en lien avec l’exposition « La fin des forêts* »

 

 

 

Sous l’arbre à palabres
Rencontre avec Seydou Cissé le jeudi 31 octobre à 19h
Collection Lambert en Avignon
Sur inscription : reservation@collectionlambert.com

Cette rencontre sera l’occasion pour Seydou Cissé, membre de la Casa de Velázquez, d’évoquer, à partir de son œuvre Ladjoni (Purification), son processus de création, lequel mêle approche documentaire, arts plastiques et vidéo, afin d’échanger plus amplement sur un thème qui traverse tout son parcours : les liens entre traditions et nouvelles technologies.

L’installation LADJONI est un dérivé du projet film Taamaden (Voyageur) sur les immigrés ouest-africains à Valence (Espagne), dans lequel Seydou Cissé traite à la fois leur quotidien que leur rapport à la science occulte, via des rituels et des pratiques animistes avant, pendant et après leur voyage.

Avant de migrer, certains partent voir le devin, le charlatan ou le marabout pour prédire leur trajet et leur proposer des sacrifices et rituels de protection.

LADJONI veut dire « se purifier spirituellement ».

La pièce est inspirée du costume des « Donso », chasseurs et tradithérapeutes de la société traditionnel malienne. Sur ce costume sont tissés des gris-gris.

L’installation se compose d’une multitude de fines formes rectangulaires, recouvertes de paille. Visuellement, ces couches de paille rappellent les traits de brosses  sur une toile de peinture. Les planches sont liées les unes aux autres à travers des fils de nylon, l’ensemble forme un tapis suspendu, fait de smartphones en paille. L’artiste dresse ainsi un parallèle entre les smartphones et les grigris, les dispositifs mobiles deviennent en effet de véritables amulettes modernes dans les mains de ceux qui ont traversé la mer.

Sur l’écran est projetée une vidéo de danse inspirée de rituels sacrificiels. La danseuse manipule des pigments mêlés à de la terre pour s’en enduire le corps. Elle réalise ensuite ces pas de danses rituels. Les images sont combinées à celles d’autres rites et divinations récoltées entre le Mali et L’Espagne.

Le son en quadriphonie fusionne les témoignages des immigrés, les incantations de maîtres spirituels, le son de l’eau, de la mer, du vent, du feu…

* La fin des forêts est un titre emprunté à la prochaine création 2020 du chorégraphe Benjamin Bertrand, lauréat de la Villa Kujoyama